03.11.2005
Le Recherche du Temps Perdu
Dans la série "le gros livre qui fait rien qu'à faire peur", l'énorme roman de Marcel Proust occupe une place de choix. Je le dis d'autant plus volontiers que pendant longtemps je n'ai pas osé y mettre les pieds. On me parlait de monument, de phrases interminables, d'Everest de la littérature : autant d'affirmations qui donnent au commun des mortels, dont j'ai l'insigne honneur de faire partie, le sentiment que ce n'est pas pour eux.
Si j'y suis venu, c'est parce que j'ai eu la chance de rencontrer une personne dont la passion m'a fait comprendre que, peut-être, ce n'était pas aussi éloigné de moi que je l'imaginais. J'espère pouvoir convaincre les quelques insomniaques qui arrivent par hasard ici (salutations à vous) que ce roman est pour eux.
Oui, c'est long. Quatre volumes dans la Pléiade, sept en poche, épais et l'oeil mauvais. Mais à raison de dix pages par jour, mettons, on l'a lu en un an. Et mieux vaut lire dix pages de Proust que cent quelconques. Une miette par jour...
Y a pas d'action !
Discutable. C'est surprenant, mais on se prend attendre la suite. Il y a de l'action, pas celle d'un thriller ou d'un polar, mais celle de la vie elle-même.
C'est plein de description !
Et il paraît qu'il y a aussi trop de notes dans la musique de Mozart.
Enfin, cela n'est rien. L'essentiel, c'est que Proust a réussi à faire une biographie du lecteur. Ce livre finit par faire partie de notre vie, complètement, on se reconnaît, ou on reconnaît quelqu'un tour à tour dans les différents personnages, on croît croiser dans la rue Saint Loup. C'est un formidable résumé de l'humanité. (oui, résumé : pourrait-on la décrire plus succintement qu'il ne l'a fait ?)
La vie est merdique, mais quand elle est aussi bellement racontée, on se met à nouveau à croire en la dignité de notre condition.
17:25 Publié dans Ne courez pas ! C'est sans danger ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


