18.10.2006

Pion blanc en E4

Il y a, aux échecs, 10 puissance 96 parties possibles. 10 suivi de 96 zéros. Afin de donner un ordre de comparaison à ce chiffre absurde, il y a dans l’univers 10 puissance 78 atomes d’hydrogène. Autrement dit, la probabilité pour que ce produise au cours de l’histoire de l’humanité deux fois la même partie est proche de zéro.

Je suis un piètre joueur, ce qui ne m’empêche pas d’être fasciné par ce jeu, de m’intéresser aux parties historiques, ce genre de choses.

Les coups joués aux échecs par un joueur de niveau correct sont tour à tour le fruit de calculs complexes ou d’intuitions fulgurantes. Calculs et intuitions qui peuvent s’avérer être de lamentables erreurs après coup. La plupart du temps, parce que si vous êtes un joueur de niveau simplement correct, votre adversaire vous surprendra toujours. Après tout, même les grands maîtres sont parfois surpris. Vous êtes tour à tour dans l’action ou dans la réaction, dans une stratégie offensive ou défensive et vous vous estimez heureux si vous arrivez à en préserver ne serait-ce que les grandes lignes. Aucun plan ne résiste à la première confrontation.

 

 

Mais il se produit aussi ce phénomène curieux : après coup, si vous revisitez la partie qui s’est joué, chaque coup semble inévitable. C’est vrai en particulier des parties qui opposent entre eux des grands maîtres. Pour peu que l’on ait quelques notions de stratégie échiquéenne (même si, comme moi, vous êtes incapable de la mettre en pratique), c’est à une histoire cohérente que l’on assiste, parfois drôle, parfois tragique.

 

 

C’est peut-être un simple effet secondaire de la raison : quel que soit l’origine de cet instrument encombrant, volonté d’un plat de spaghetti ou hasard de l’évolution, il fallait bien qu’on lui trouve une utilité. Nous nous en servons pour donner un sens (parfois drôle, parfois tragique) à ce qui nous entoure et que nous pouvons observer.

 

 

L’autre phénomène curieux, c’est que certaines parties se ressemblent. Une séquence de coups qui se répète, parfois un simple ‘air de famille’.

Tout simplement parce que certaines stratégies ont fait leurs preuves, tout simplement aussi parce que deux être humains se font face, ou bien un être humain et une création humaine. Et quoi que les êtres humains soient totalement différents les uns des autres, ils n’en restent pas moins fondamentalement identiques : ce genre de coïncidence est donc inévitable.

 

 

Quel rapport avec les bouquins ? On y vient, promis J

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