04.11.2005

Le Choix de Sophie

Le seul roman de William Styron que j'aie lu, mais je suis prêt à parier que c'est le meilleur. S'il y en a d'autres dans sa bibliographie de cette tenue, ou meilleurs, je ne réponds de rien.

Je l'avais chipé à une collègue prof d'anglais et il m'a immédiatement happé. Il m'a fait passer par toute la palette des émotions, j'ai été tour à tour hilare, ému aux larmes et effrayé. Stephen King ferait bien de méditer certains passages de ce roman, infiniment plus angoissants, plus terribles que ce qu'il a pu écrire. C'est magistralement écrit, ce qui ne gâte rien.

Pour en dire aussi peu que possible, Sophie est une survivante des camps. Nathan, son jules, est tour à tour le meilleur des hommes ou la pire des brutes, et Stingo, le narrateur, écrivain en herbe, regarde ce couple osciller entre l'extase et la déchirure.

Ce roman m'a tellement marqué que j'ai appris avec une réelle surprise que certaines personnes le vouaient à la géhenne parce qu'il fait des camps de la mort un des éléments de sa fiction. Des ouvrages comme ceux de Primo Levi sont indispensables, ils sont des témoignages, mais je ne vois pas pourquoi, à côté de ces grands témoignages, encore une fois nécessaires, ne pourraient pas exister des oeuvres de fiction, traitant de la Shoah avec leurs propres outils.

Le genre de roman qui me ferait dire que le monde est plein de beauté pour peu qu'un être humain s'y tienne droit.

Test : 8.5 nothombs sur l'échelle de Jacob

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